Zéro déchet dans la salle de bain : 3 ans après

Zéro déchet dans la salle de bain : 3 ans après

Bonjour à toutes et tous,

C’est en écrivant les petits gestes écolos du mois que l’idée de ce billet m’est venue. Cela fait quasiment trois ans que ma maisonnée a enclenché une « transition zéro déchet » dans la salle de bain, et un point d’étape pourrait être intéressant.

 

La démarche

Après la cuisine, la salle de bain est un haut lieu de forte consommation de produits contenus dans des emballages non recyclables. Il nous est donc paru évident que nous pouvions faire des améliorations importantes en remplaçant nos produits habituels par des produits « moins de déchets ». On s’est fixé des règles de cette transition “zéro déchet salle de bain” : des changements progressifs, chacun à son rythme, chacun selon ses possibilités. Les premiers petits gestes ont été décrits dans ce billet. 3 ans après, voici où nous en sommes

 

zéro déchet salle de bain

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Geste 1 : Remplacer gels douche et shampoings-gels par savons et shampoings solides

Un de nos premiers changements  “zéro déchet salle de bain” a été de remplacer les gels douches et shampoings « gels » par des éléments solides. Pour les savons, il n’a pas été compliqué de trouver un fournisseur, nombres artisans commencent à en vendre sur les marchés.  Pour le shampoing, nous n’en avons trouvé que dans les grandes enseignes  « bio ».

Globalement, la transition a été vite faite et sans mal pour les plus-si-petits gourmands et moi : l’ acceptation des produits, il a juste fallu un peu de « réglages » sur l’utilisation du shampoing solide afin d’utiliser la bonne dose. Personnellement, j’ai même trouvé que les cheveux se portaient mieux en passant au shampoing 100% solide.

Cela a été plus compliqué pour mon mari, qui a eu beaucoup de mal à trouver un savon qui lui convienne. La plupart des savons classiques lui laissent une sensation de tiraillement. Il lui a fallu découvrir au hasard d’un marché, un savon « riche » au lait d’ânesse, qui cette fois a permis le remplacement.

Savon et shampoing solide

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Geste 2 : Remplacer les lingettes par du durable

Sur ce point, partie était gagnée d’avance car nous en utilisions très très peu. Les dernières ont vite été remplacées par le combo gant de toilette + serviette éponge. On s’en porte tout aussi bien.

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Geste 3 : Remplacer le déodorant “bombe”

Le sujet du déodorant bombe a été compliqué. De mon côté, les déodorants solides ne m’ont pas du tout convenus : souvent trop agressifs, ils finissaient par m’irriter la peau.  J’ai trouvé mon bonheur dans un déodorant « spray » avec un bocal en verre (en photo), qui est recyclable ou réutilisable. (Personnellement je le recycle pour les huiles macérées).

Pour mon mari, il n’a rien trouvé d’assez efficace, donc malheureusement pas de changement.

zéro déchet salle de bain : déo en conteneur verre

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Geste 4 : Remplacer ou limiter les crèmes en conteneurs non recyclables.

Les crèmes cosmétiques (surtout celles pour nous, mesdames) ont souvent le grand défaut d’être contenues dans des emballages petits formats et non recyclables. Cela n’a pas été simple de remplacer ces éléments par des alternatives peu de déchets mais j’ai fini par trouver :

 

  • Pour la cosmétique, certaines marques ou certains artisans proposent des crèmes placées dans des pots en verre. J’ai fini  par en trouver en boutique bio. Le pot est recyclable ou ré-utilisable.

 

  • A côté, j’ai tenté le « fait maison », avec l’alternative des baumes huileux, composés de cire d’abeille et de macérât de plantes. Les macérâts sont simplement des plantes (fleurs le plus souvent) laissées marinées dans de l’huile longtemps. Le baume se constitue en ajoutant de la cire d’abeille fondue et du conservateur. Sur ce sujet, la réussite à été au-delà de mes espérances car j’ai pu remplacer (avec un gain en efficacité !) plusieurs « crèmes » par ces baumes. Je pense notamment au
    • Baume à l’achillée : pour la cicatrisation {excellent en sortie de travaux potagers}
    • Baume au calendula : pour la régénération

 

  • Et quand c’était possible, la crème a directement été remplacée par du macérât pur, mais à utiliser avec parcimonie.

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Geste 5 : Passer au dentifrice solide et à la brosse à dent recyclable

Entre la brosse à dent en plastique et les dentifrices sont contenus dans des emballages plastiques non recyclables, il y avait de quoi faire sur ce poste.

Côté dentifrice, les plus-si-petits gourmands sont vite tombés fans des dentifrices solides « façon sucette » à frotter sur la brosse à dent et ont donc vite remplacé les tubes. Il en fut de même pour le Papa. De mon côté, cela a été une « bataille » pour trouver un dentifrice qui me convienne. En effet, la plupart sont assez agressifs et je me retrouvais avec des petits saignements de gencives gênants. Au bout de 2 ans, j’ai fini par trouve une marque de dentifrice en pâte qui soit suffisamment douce pour convenir.

Côté brosse à dent, après avoir expérimenté différentes brosses à tête plastique changeable – qu’on ne trouvait que dans un seul magasin -, on a découvert celles en bambou. Comme une grande marque s’y est mise, on peut y accéder même en habitant à la campagne. Le manche des brosses une fois débarrassés des poils, sont recyclés en « marque semis » dans le potager.

 

zéro déchet salle de bain : dentifrice solide

 

Geste 6 : Remplacer la parapharmacie de “bobologie” par du naturel

On y pense jamais, mais tout ce qui est parapharmacie a le mauvais goût de se trouver en contenants plastifiés souvent sur-emballés. J’évoque ici les sprays anti-piqûres d’insectes, les pommades anti-rhumes,  les crèmes après soleil, etc.  Après quelques recherches et quelques tests du côté des remèdes à base de plantes, nous avons fini par en remplacer une bonne partie par des macérâts de plantes 100% home made.

Dans mes favorites, il y a :

  • L’huile de Saint Jean (Millepertuis) pour les coups de soleil (qui remplace l’après soleil)
  • L’huile de plantain pour arrêter les démangeaisons dues aux piqûres d’insectes (le plus efficace !)
  • L’huile d’origan, décontracturante (qui remplace les produits d’après effort).

il faut bien se rappeler à chaque moment de l’année quand et où faire sa cueillette de plante, mais franchement, on y prend goût. 😉

zéro déchet salle de bain : Crèmes et macérats maison

 

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Geste 7 : Les protections féminines lavables

En étant franche, même si j’avais étiqueté ce geste dans le « top pratique écolo », j’ai mis du temps avant de pouvoir remplacer des protections jetables par des lavable. J’avais un a priori de saleté voir de dégoût qui me gênait vraiment pour avancer…

Et puis, un jour je me suis souvenue de ma grand-mère qui me racontait que quand elle était jeune, il y avait du linge spécifique qui était lavé à chaque fois et qu’on « ne s’en portait pas plus mal ». Ce souvenir m’a fait un « déclic » et j’ai pu remplacer par des protections lessivables qui se clipsent sur la lingerie.   Effectivement, après usage, il suffit d’un coup de rinçage à l’eau chaude, un coup de lessive, c’est tout aussi propre, et on en parle plus.

Avec le recul, j’en suis même arrivée à me demander comment on a fait pour oublier les protections lavables…

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Geste 8 : Le nettoyage de la salle de bain avec des produits fait maison.

Dernier petit geste que nous avons réalisé : supprimer tous les produits de nettoyage spécifiques salle de bain par des produits basiques ou home made. Mon « nettoyant multi-surfaces » marche très bien du sol au plafond, le vinaigre blanc fait des miracles sur le tartre, et un peu d’huile de coude débouche les siphons bloqués. Ce fut encore quelques flacons plastique en moins dans la poubelle
 

 

Nettoyant multi-surfaces maison & écologique

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Bilan après trois ans

De notre démarche “zéro déchet salle de bain”, j’en tire la conclusion qu’il ne faut pas croire les sirènes des « influenceurs » qui annoncent que tout changer est simple. En effet, il faut prendre le temps de trouver chaque produit qui nous convient, et les raisons peuvent être très différent de celles d’un autre (l’autre pouvant être le conjoint , l’amie, les enfants..) . Même si une marque est promue comme “top », elle peut tout à fait ne ne nous convenir, et il faut chercher plus loin. Néanmoins, cela vaut le coup de s’accrocher, chercher encore, jusqu’à trouver la bonne préparation.

 

Au global, nous voyons plusieurs avantages. Certes les déchets issus de la salle de bain se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main, mais nous avons gagné bien plus :

  • Les produits durent plus longtemps, donc nous avons beaucoup moins de contraintes de recharges (autant dire qu’on a apprécié lors des confinements…),
  • Les produits « zéro déchet » sont globalement plus simples, plus naturels, avec nettement moins d’ingrédients incompréhensibles,
  • On a regagné énormément de place dans la salle de bain  (comme dans la valise des vacances ): la trousse de toilette des plus-petits gourmands et ma trousse personnelle se limitant quasiment à une pochette.

Voilà, un retour d’expérience sur cette transition “zéro déchet salle de bain”.

 

Et vous ? Vous êtes vous aussi lancé(e)s ? Quel a été votre parcours ? Avez-vous des astuces à partager ?

 

Bonne journée !

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