Escapade Gersoise dans le Baïse-Armagnac

Escapade Gersoise dans le Baïse-Armagnac

Bonjour à tous et toutes,

 

Il faut aujourd’hui rester chez soi et limiter les contacts avec les autres. Ce n’est pas un jeu, ce n’est pas un conseil dit à la légère : Nous ne sommes pas des héros plus forts qu’un petit virus. C’est le mantra qui devra guider nos actes pendant quelques semaines le temps de limiter l’expansion de l’épidémie afin d’éviter que toutes les personnes fragiles l’attrapent, se retrouvent aux urgences, notre système de santé craque. Alors comme beaucoup, je vous en conjure, restez au maximum chez vous..

SI vous souhaitez vous évader, plutôt que de vous exposer et courir un risque, je vous propose de vous amener la campagne directement chez vous, par écran. C’est une sortie que j’ai réalisé début février (ce week-end on est restés dans notre jardin) et que je souhaitais depuis partager avec vous.

 

En fait, début février, j’ai vu circuler sur instagram une invitation pour un “instameet” une rencontre d’instagrammeurs du gers. C’est événements sont assez courant et bon enfant quand une communauté arrive à s’organiser. Souhaitant rencontrer d’autres gersois, découvrir la région, mais aussi prendre l’air après tous nos déboires, je n’ai pas longtemps hésité. Le thème #lebonheurestdanslegers, invitait à la découverte de l’histoire et des traditions, mais aussi à une bouffée d’oxygène. Ma famille a aussi eu la gentillesse de me laisser m’évader et me voici inscrite. Le jour venu , j’ai rejoint le “bus”  à Auch au petit matin.. puis suis partie pour une journée mémorable.  Entre la majesté des sites, la bonne ambiance des aux instagrammeurs (“Tiens, toi aussi tu fais cette photo ?”), cela a été une vraie bouffée d’oxygène. Je voulais donc depuis ce jour vous partager le récit et les nombreuses photos de cette journée.

 

Alors aujourd’hui, je vous amène la campagne pendant que vous restez tranquillement chez vous 🙂

 

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L’abbaye de Flaran, remontée dans le temps

 

La première étape de la journée est l’abbaye de Flaran, une abbaye cistercienne datant de 1141, et située à Valence sur Baîze. Elle est fille de l’abbaye mère l’abbaye de l’Escaladieu (Hautes-Pyrénées) et aujourd’hui classée Monument historique. Dès l’arrivée, on est surpris par son étendue et son charisme : il s’agit en fait d’une des abbayes les mieux préservées du sud-ouest de la France, et cela se ressent dès l’entrée.

 

Nous rejoignons une première pièce ou une gentille guide nous attends et nous présente l’histoire de l’abbaye de Flaran. Pendant longtemps, ce fut une abbaye prospère et à développement rapide. Il faut dire que la douceur des vallons du Gers, cadre propice à l’agriculture comme la méditation, y est pour beaucoup, Elle connut néanmoins plusieurs phases de destruction lors des guerres, avant d’être transformée en 1791 comme siège d’une exploitation d’armagnac. Acquise par le département en 1972, elle a été largement restaurée. L’ancien dortoir a notamment été transformé en musée pour la collection d’un particulier.

Abbaye de Flaran - Maquette

 

Après cet intermède histoire,  nous arrivons bien vite dans le cloître. La quiétude des lieux est troublante, tout comme les décorations des colonnes extérieures est surprenante pour une abbaye cistercienne bâtie sur le calme et l’absence de distraction. On ne rigolais pas à l’époque cistercienne,  et tout invitait à la méditation

 

Dans les pièces adjacentes, nous découvrons l’ancienne cuisine, les anciens chais d’armagnac.

 

Une porte nous même au cœur de l’abbatiale. Un étonnant symbole marque son entrée un “jeu de symbologie à la Dan Brown” nous indique la guide. Une fois dans l’abbatiale, le ne manque pas d’être surprise la douce lumière du matin, par hauteur des voûtes..  tandis que certains s’amusent avec les cloches situées à l’entrée.

 

C’est à cette occasion de cette visite, nous prenons un cours d’architecture sur les voutes, les arcs et la clés d’ogive.  Avec quelques morceaux de bois taillés, on nous explique la répartition des poids et comment ces pierres tiennent depuis si longtemps au-dessus de nos tête. Eclairant !

Abbaye de Flarans

Nous continuons la visite à l’étage, rénové. A l’extérieur, nous pouvons trouver sur les murs les vestiges des anciennes décorations. Encore quelques pas, une porte, et nous entrons dans le dortoir rénové en musée. Je n’ai pas l’autorisation de vous montrer la collection ,mais sachez que vous pouvez y trouver des grands noms de la peinture et sculpture française. Un Monet dans le Gers !

 

 

 

La visite se termine au grand soleil dans les jardins de l’abbaye. Nous avons vite le regard attiré par le jardin des simples de l’abbaye, ex jardin médicinal où pousse toutes les simples utilisées à l’époque. Thym, sauge, Mauve, Rue, tanaisie.. Je reconnais tous ces noms et me promet d’en mettre dans le jardin de ma maison.

 

Un dernier tour à l’extérieur de l’abbaye contempler de dehors ce que nous avons vu dedans. Hauteur de l’abbatiale, rondeur des chapelles, quiétude des lieux. Je m’imagine déjà revenir au printemps avec la famille..

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Maignaut Tauzia, petit village des hauteurs

 

Nous  quittons l’abbaye de Flaran et reprenons la route dans la bonne humeur pour quelques kilomètres, direction Maignaut Tauzia, un tout petit village situé au sommet des collines.  Sous le grand soleil de Février, il a un charme qui ne s’invente pas : vieilles maisons en pierre, place large pleine de charme ou perce le printemps… On s’arrête souvent prendre la photo.

 

A la sortie de la ville, un exceptionnel point de vue sur le Nord-Ouest du Gers nous attends. Et a côté, trône un étonnant pigeonnier triangulaire, curiosité inédite dans la région. Il faut dire qu’au regard du point de vue, ce village avait de quoi rayonner des kilomètres alentours. Je reste quelques minutes à contempler au loin, l’évasion va si bien..

Maignaut Tauzia - Vue sur le Gers

 

 

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Gourmandise campagnarde à Terres Blanches

 

Pour le repas du midi, nous sommes attendus à Terres Blanches. C’est une “instituions dans la région”, spécialisée dans les repas campagnards et la conserverie de canard. La propriétaire, nous fait gentiment visiter l’atelier : chaudrons à l’ancienne pour cuire le canard, stérilisateurs à l’ancienne, le tout dans de vieux bâtiments en pierre (rénovés); un mélange de tradition et de modernité, tout en maîtrise . “Je n’ai pas changé de recette depuis 1980, nous avoue-t-elle, même si j’ai dû changer mes approvisionnements de canards fermiers suite à la grippe aviaire. Et si je modifie le repas campagnard, les clients me le reprochent !”

Mes team-mate d’instagram profitent du repas 100% canard et s’en régalent : rillettes, foie gras, galantine, magret de canard rôti, civet ou cassoulet. De la tradition, pure tradition du Gers. De mon côté (veggie) je me contente de papoter tout comme je prends note de l’adresse pour une future escapade de la belle famille, qui en sera ravie. Avant de repartir, un détour à la bouquin pour ramener des conserves pour régaler mes carnivores. Ils s’en sont régalés.

 

 

 

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Pousse rapière et héritage au Château de Monluc

 

Dernière étape de la journée au château de Monluc. J’y vais en novice, mais après retour à la maisonnée, mon mari et belle-famille l’évoque comme une “référence mythique” dont il ont entendu parler il y a déjà 30 ans, c’est vous dire ! “Le pousse Rapière, oh oui c’est connu “.  Nous avons d’ores et déjà planifié d’y retourner un week-end pour qu’ils puissent en disposer à la maison.

 

 

 

Mais reprenons notre visite : Le Château de Monluc est situé sur la commune  de Saint-Puy, et construit sur les vestiges d ‘un château du XIIIe siècle. C’est le Maréchal Blaise de Monluc (1500-1577), grand militaire qui lui donne ses lettres de noblesse. A l’issue d’une bataille où il rentre blessé, il y écrit les célèbres Commentaires (bible militaire de l’époque)  puis se consacre à  la fabrication de l’armagnac dans la cave du château. Aujourd’hui, le château est très connu pour ses vins (de vignes cultivées juste à côté), son armagnac et le célèbre “Pousse Rapière” un cocktail d’eau de vie, de pétillant et d’orange dont on partage le secret ici au château.

 

Nous commençons la visite, dans la cave d’affinage située juste à côté du château. Après un petit couloir, nous arrivons dans une salle bien humide ou se trouve tonneaux et d’ingénieux mécanismes de retournement des bouteilles.  En effet, le château produit un vin pétillant (type champagne) qui a besoin d’être retourné régulièrement (1/4 de tours toutes les semaines, si je me souviens bien..).   René Lassus, ancien habitant du château, eu l’idée d’inventer des grandes roues où l’on peut stocker les bouteilles par centaines et le retourner toutes d’un coup. Rapide, non ? A leur côté se trouvent de vénérables tonneaux d’armagnac en cours de maturation… j’imagine déjà  les recettes avec 😉

 

 

Nous remontons à la surface et partons au château pour une séance de dégustation du pousse rapière. Je me regarde avec intérêt mais m’esquive pour le verre : il me faudra conduire pour revenir à la maison. En attendant, je réalise un petit tour dans les salles aménagées, où je découvre des rapières : les fameuses épées évoquées dans le cocktail.

 

 

 

Nous terminons la journée par une petite balade digestive dans le village de saint puy en contrebas. Petites ruelles, halle couverte, c’est un joli petit village comme on les aime..

 

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La journée se termine ici. Je rentre à la nuit tombée; les étoiles plein les yeux.  Je n’ai pas pu vous montrer tous les paysages croisés en route, l’émerveillement à chaque tournant, la douceur de cette février.. Mais une chose pour moi a  été sûre pour moi.. Sans aucun doute ce jour à, et bien plus encore,.. #lebonheurestdanslegers

 

 

Plus d’informations, localisations, horaires de visite :

Si vous souhaitez vous y rendre après l’épidémie..

 

Note (1) : Les esprits mal tournés comme celui de mon mari fera remarquer que les noms des villes sont fleuris dans le Gers : Condom, Baize, Roquepine..

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Florence (Au Fil du Thym)Annedomie Auteurs de commentaires récents
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domie
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Comment nous aider? simplement en continuant à nous faire rêver ! Nous sommes dans une situation inconnue, c’est sûr, mais nous avons la chance d’avoir un moyen de communication (internet) pour ne pas se sentir esseulé: je pense à nos anciens qui ne maîtrisent pas ces outils !
J’adore votre style et l’écriture de vos articles, la façon de nous faire partager vos expériences. C’est sûrement, plutôt que de le penser simplement, de prendre le temps et la peine de vous l’écrire. Merci pour les anciens articles et à bientôt le plaisir de vous lire. Prenez soin de vous!

Anne
Invité
Anne

Merci Florence pour ce beau reportage qui fait beaucoup de bien dans la période que nous traversons tous, surtout continuez à nous donner ces beaux moments et bonnes recettes que je commence à tester.
Vous avez déménagé pour une superbe région encore très authentique. À bientôt !