Dernières lectures #33 : Un pas en Asie

Dernières lectures #33 : Un pas en Asie

Bonjour à tous et toutes,

Alors que les vacances de printemps ont sonné, volontaires ou forcées, que diriez-vous de papoter un peu autour de nos dernières lectures ? Cela pourrait vous donner des idées de livre, et de mon côté je suis preneuse des vôtres . 🙂

Mes derniers achats de livre sont du 100% d’occasion à l’antenne d’Emmaüs. A vrai dire, courant février, quand on a vu monter les courbes de contamination au covid19, j’ai fait un stock de romans au cas où… et pris des ouvrages que je n’aurais sans doute pas essayé autrement. Dans cette “pile à lire” se trouvait déjà deux livres prenant la direction de l’Asie, au travers d’un roman et d’une biographie. Peut être par besoin d’évasion, j’ai attaqué par eux. Voici donc mes lectures avril 2021.

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N°1 “Gaspard ne réponds plus” – Anne Marie Revol

C’est la couverture chamarrée qui m’a attiré l’œil vers ce roman. Le synopsis m’a amusé, donc pourquoi pas ne pas l’essayer ?

En résumé

Gaspard, un jeune instituteur, est sélectionné pour participer à la dernière télé-réalité tendance : “j’irais jusqu’à Shanghai avec vous”. Lors d’un transfert d’étape en Thaïlande, de nuit, il est éjecté du pick-up et est “oublié” dans un fossé. Les jambes fracturées, l est recueilli par Mme My-Hien, qui règne en maître sur son village reculé, tenu à bonne distance de la modernité. En attendant sa guérison, elle lui demande de distraire le village avec des histoires, comme celle d’Hubert Bertillon…
En même temps, du côté de la France, les producteurs de “j’irais jusqu’à Shanghai avec vous”, sont sur le pont. Il s’agit de gérer la presse, la famille de Gaspard, et (quand même) essayer de retrouver Gaspard…

Mon avis

Côté forme, ce roman est bien écrit, simple, se lit assez facilement. J’ai juste buté sur les changements de narrateur (un coup Gaspard, un coup la France..) qui sont parfois assez abrupts. Mais à côté, le ton est léger, parfois humoristique. Cela passe tout seul

Côté fond, le thème de l’émission de télé-réalité sous forme d’une course en Asie n’est pas sans rappel d’une vraie émission. Cela donne direct un côté “distrayant” au livre. Dès les premières pages, on sait qu’on ne va pas s’ennuyer.

En pratique, dans ce roman il y a plusieurs timeline en parallèle :
– celle de la production de télé-réalité (occidentale), qui comme on peut s’y attendre, est (un peu, beaucoup ?) caricatural. On peut souvent en sourire, parfois s’en énerver, se poser des questions sur la part de vrai .. mais cela reste conforme au pire que l’on peut imaginer
– Celle de Gaspard, plus lente, coincée dans une chambre dans un coin paumé de a Thaïlande, qui découvre la vie d’Hubert et se (dé)bat pour comprendre quel est le sens de cette épreuve.
– Celle d’Hubert (et de My Hien) pétillante, étonnante, drôle, qui est le vrai “sel” du roman.

Ces trois lignes se mélangent, faisant progresser l’histoire a bon rythme dans tous les sens jusqu’à ce qu’étrangement, cela se rejoigne. Clairement, on ne s’ennuie pas, passe un bon moment. On peut juste reprocher le dénouement un peu trop bon enfant, mais on se sera amusé toutes les pages précédentes.

En synthèse, un roman facile, distrayant, drôle (un peu à la sauce Legardinier) qui fera passer un bon moment ailleurs. En temps de confinement, c’est vraiment sympa.

 

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N°2 “Ma vie de Geisha” – Mineko Iwasaki

Ce livre est pour mon un étonnant clin d’œil :Quand j’étais étudiante, j’étais tombée sous le charme du film “Mémoires d’une Geisha”. M’étant un peu renseigné à la suite, j’ai découvert qu’il avait été inspiré de l’histoire d’une des plus grandes geisha : Mineko Iwasaki. Cette dernière avait écrit une biographie, que je n’avais pu lire à l’époque .. C’était enfin l’occasion

En résumé

Ce livre est la biographie de Mineko Iwasaki de sa petite enfance jusqu’à quelques années après sa retraite de Geisha. Elle quitte sa maison natale à 5 ans pour rejoindre une okiya (maison de geisha), dans le quartier de Gion, à Kyoto et apprendre la danse. Légalement adoptée par Madame Oîma, elle change de nom et est choisie héritière de la maison. Ses études lui permettent d’apprendre les différents arts à maîtriser par une future geisha : la danse, l’art du thé, de l’habillement, de la conversation.. A l’âge de 15 ans , elle deviens maïko et démarre ses activités d’accompagnement et de distractions de client… devenant vite une des maîko puis geisha les plus réputée du pays. Mais dans ce monde régit par des règles tacites, il est parfois difficile d’être toujours en accord..

Mon avis

Côté forme, l’écriture est fluide, poétique et subtile. Il n’y a pas de difficultés à lire les chapitres, même si au départ, il faut un peu de temps pour comprendre le sens de tous les termes du monde des geisha. La biographie est racontée à la première personne, emmenant avec elle toutes les façons de voir de l’auteur, ses incompréhensions, ses façons de voir les choses. On pourra peut être y reprocher un peu de prétentions, mais cela reste humain.

Côté fond, je crois cette biographie offre une représentation aussi réaliste que possible de ce qu’est le vrai “monde des fleurs et des saules ” ou “Karyukai”. On découvre un petit monde feutré, avec ses règles strictes, ses rites de passage, sa hiérarchie bien ordonnée. On y découvre aussi que sous l’apparente simplicité des arts (la danse,le thé..) se niche une redoutable complexité et maîtrise de ses gestes. Le “Karyukai” est certes un monde de femmes dédié à l’art et à la beauté, pouvant vivre dans une certaine aisance.. mais demandant beaucoup d’engagement et de sacrifices aux apprenties maîko/geisha. Mineko Iwasaki sembla y trouver son bonheur (du moins quelques temps) avec son perfectionnisme et sa passion de la danse… tout en gardant un œil critiques sur des règles souvent trop rigides. Cette rigidité la poussa à mettre fin à sa carrière à 29 ans, embrassant alors plus de libertés.

Je sors du livre en me disant que si – comme moi – on voulait comprendre ce qu’est ce “monde des saules et des fleurs , c’est sans doute un excellent point d’entrée. Les rites sont expliqués, le sens des actes des geisha également.. , et le tout garde une dimension poétique et mystérieuse. L’image est assez différente du film “Mémoire d’une Geisha”, que l’on voit ensuite comme biaisé par une vision occidentale.

En synthèse, clairement une biographie à lire si vous (ou un de vos proches) avez été attiré(e) à un moment ou un autre par comprendre ce petit monde des fleurs et des saules. Un “must”.

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lectures avril 2021

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Voilà, mes dernières lectures avril 2021. Et vous ?

Bon lundi !

 

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Pour en savoir plus :
https://www.babelio.com/livres/Revol-Gaspard-ne-repond-plus/840938
https://www.babelio.com/livres/Iwasaki-Ma-vie-de-geisha/10155

 

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Dernières lectures

 

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