A la découverte des fleurs des champs (4)

A la découverte des fleurs des champs (4)

Bonjour à tous et toutes,

 

Avec le beau temps de cette dernière semaine de mai, que diriez vous de partir une dernière fois à la campagne, à la découverte des fleurs qui peuplent les bords de champs ? La nature a beaucoup changé depuis notre dernière escapade, alors il y a de nombreuses espèces à (re)découvrir.  Chaussez des baskets, installez vous et venez. 🙂

Pour rappel :

 

Partons donc au petit matin dans les champs à proximité de la maison. Les céréales ont bien poussé, recouvrant les terres d’étendues vertes et dorées..

 

Dans le Gers, la nature continue d’évoluer et tends vers celle de fin de printemps voir début d’été.  La première plante que l’on remarque de loin est le chardon.. Mais nous devrions dire les chardons car ces espèces de la famille des marguerites sont aussi variées que les variantes de rosiers. Commençons par le plus notable et le plus grand d’entre eux : le chardon Marie. Sa taille et la forme d’artichaut de son inflorescence ne vous aura sans doute pas échappé.

 

Et continuons par le joli chardon laineux d’un rose pâle caractéristique. Le chardon est mal aimé par ses piquants et son statut de mauvaise herbe;  alors que c’est un véritable “open bar” pour butineurs. Nos petites plantes des jardins ne font que pâle figure à côté. Serait-ce le temps de réhabiliter les chardons dans nos jardins ?

 

Au pied des chardons, dans les champs, les friches (voir votre jardin), vous ne pourrez sans doute pas passer à côté du mignon liseron des champs. Roses, blanc, rampant, grimpant, il nous accompagnera jusqu’à l’automne. Très résistant à la sécheresse, il sera une des rares plantes à passer sans mal l’été. Sa forme de coupelle le rends parfait pour nos amis les papillons.

 

 

Naviguons dans les champs de blé pour rejoindre une friche, un terrain de jeu idéal de découverte fleurs des champs. Dans cette friche, depuis l’hiver, les  plantes à fleurs sauvages ont recouvert la terre nue et offrent aujourd’hui un ballet coloré.  De loin nous pouvons repérer des massifs de blancs, que l’on aurait envie d’appeler “marguerite”. Il s’agit de la camomille des chiens, une asteraceae qui pousse en touffe, a des feuilles très fines et propose de nombreuses petites fleurs en forme de marguerite. Son nom viens de son odeur assez “piquante” et nauséabonde quand on la secoue. Nombreuses fleurs ont d’ailleurs ce surnom “des chiens” quand l’odeur n’est pas agréable

 

A côté, je découvre à ma grande surprise de la Nigelle des champs. C’est une variante des nigelles de damas de nos jardins, reconnaissable par le peu de pétales présents dans sa fleurs.  Ici dans le Gers, elle fleuri toute seule dans les champs et les friches.. et elle à l’air d’être un met prisé des bourdons !

Dans les champs ou les friches, il n’y a pas que les fleurs colorées qui sont de sortie : Les graminées, plantes à fleurs ayant abandonné leurs pétales ont décoré les airs de leur plumeaux dorés. J’aimerais pouvoir les nommer mais la diversité de formes et de possibilités font que je galère encore à leur donner le nom approprié. Contentons nous à les admirer avec leur brillance et leur légèreté.

 

Continuons le chemin pour rejoindre la bordure d’un bosquet. Là, je découvre tout juste sortie une plante de la famille de la sauge ou des menthes, à feuilles vertes tendant vers le violet. Il s’agit de la ballote noire commune en France, très reconnue pour des propriétés médicinales anxiolytiques et spasmolytiques. Au XIXe siècle, elle était particulièrement usitée et réputée.

Non loin des ballotes, je découvre une plante entre le jaune et le violet. Sa forme me laisse aucune ambiguïté : il s’agit d’une orobanche;  une plante parasitaire sans clorpophylle, qui pousse sur les racines d’une plante – hôte et piquent les ressources nutritives (sucres & eau).  Leur forme et leur couleur dépends de la plante hôte, au poins où leur nom est souvent “orobanche de (hote)”. Celle ci semble être une orobanche mineure ou orobanche du trèfle, et je vérifie effectivement qu’il y a du trèfle dans le coin.

 

Orobanche du trèfle : Découverte fleurs des champs

 

Continuons et grimpons en haut des collines à la découverte fleurs des champs..

 

Sur les bords de champs, je découvre les tâches roses des pois de senteurs, version sauvage. Ces plantes volubiles , aussi de la famille des petits pois & haricots sont souvent utilisées dans les jardins en décoration. Elles poussent souvent en sauvage, révélant leur couleurs vives en fin de printemps / début d’été.

Pois de senteurs : Découverte fleurs des champs

 

A côté, nous trouvons vite les inflorescences élevées du gaillet mollugine, joli gaillet blanc reconnaissable à des feuilles en étages, une inflorescence très fournie avec des petites fleurs en croix. Pour l’anecdote, savez vous que le nom de gaillet proviens de l’expression “caille lait” ? (Galium signifie lait en grec). En effet, on a longtemps supposé que le gaillet disposait d’une enzyme capable de faire cailler le lait, alors qu’en fait la plante utilisée dans le lait servait souvent d’arôme (cf. wikipédia). Les gaillets sont de la mêle famille que les aspérules odorantes, si vous connaissez 😉

Gaillet mollugine : Découverte fleurs des champs

En continuant mon chemin, pour rejoindre une prairie fleurie qui m’émerveille depuis le début du printemps. Si au départ elle s’était emplie de lin bleu et de trèfle, aujourd’hui j’y découvre de grandes plantes dorées. Il s’agit du sénéçon jacobée, ou ” herbe de saint Jacques “ une plante native de France mais à tendance invasive, qui peuple aisément prairies et bords de champs.  Si sa jolie couleur amène de la gaieté, elle est aussi très prisée de certains butineurs.

 

 

Dans la prairie, un peu plus loin, des tiges rouges attirent mon attention. Je découvre une plante inconnue, la mitraille de photo, puis l’identifie à la maison. Il s’agit de sérapias (exactement des sérapias à labelle), plantes de la famille des orchidées, typique du Sud. Cette variante “serapia vomifera” se reconnait par son grand labelle extérieur (le pétale qui “pends” ) et la présence de poils sur ce pétale.

 

 

Je lève la tête quelques instants avec le joli point de vue sur les collines verdoyantes du Gers

 

Enfin, je ne peut terminer la balade découverte fleurs des champs sans vous parler de mes fleurs favorites, les orchidées sauvages qui fleurissent très nombreuses dans le coin. Retrouvons d’abord le connu orchis pyramidal ou anacamptis pyramidal, reconnaissable par la forme pyramidal de son inflorescence et sa couleur rose (pâle ou vif).  C’est un orchis dont les fleurs sont dessinées spécialement pour les papillons car  derrière le pétale du devant à 3 labelles, on peut trouver une grande tige (nommée éperon) que seuls les papillons avec leur grande trompe peuvent atteindre. 

 

Et je terminerais pas une des plus reconnaissables orchis : l‘orchis abeille.  (Orchis apifera). Elle s’est organisée spécialement pour plaire aux abeilles : un labelle “panneau publicitaire” aux couleurs favorites des abeilles, du nectar au fond de la fleur, et sur ce “panneau” elles peuvent se poser pour butiner sans se fatiguer. La nature est impressionnante d’adaptations non ? ⁠

 

****

Voilà, une petite balade fleurs des champs du moment. J’espère que cela vous aura distrait et/ou amusé.

Avant de vous laisser, je vous demande juste de me dire si vous souhaitez que je continue la série pendant l’été ou préférez que j’arrête ici ? Le confinement étant fini, vous avez toutes libertés d’aller admirer les fleurs, donc sans doute préférez vous en vrai 😉 Merci pour votre réponse !

 

Bonne journée !

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