Astuces et retour d’expérience sur le compost “maison”

astuces compost maison - Astuces pour réaliser son compost au jardin

 

Bonjour à tous,

Suite à mon billet “zéro déchet au jardin“, j’ai reçu récemment quelques demandes pour écrire un billet apportant informations et conseils sur le compost (au jardin) et son utilisation. N’étant pas une spécialiste et plutôt une utilisatrice, j’ai vraiment hésité avant de me lancer dans cet article  : loin de moi le concept d’être prétentieuse ! Et puis l’idée d’un “retour d’expérience”, sans prétentions aucune,  a quand même fait pencher la balance… après tout, entre copain/copines, même sur internet, on partage souvent nos façons de faire 😉

Donc aujourd’hui je vous propose un billet de synthèse d’informations et de retour d’expérience 100% amateur sur la “réalisation” et l’utilisation d’un compost au jardin. Pour plus de détails, vous trouverez quelques références en bas de billet.  S’il y a de grands connaisseurs du compostage, n’hésitez pas à me corriger/compléter en commentaires 😉

 

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Introduction : Qu’est-ce qu’un compost ?

Selon wikipédia, on appelle “compostage” un processus 100% naturel qui détruit les matières organiques végétales ou animales, en une terre humique et riche minéraux proche du terreau. Cette terre est appelée “compost”, et est utilisable pour enrichir jardins et champs.  Le compostage est un procédé qui se réalise à l’état naturel (ex : décomposition dans les forêts), cependant, sans intervention de l’homme, la terre produite s’appelle “humus” .

 

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Quel sont les intérêts de réaliser un compost ?

  • Le premier “argument” présenter partout en faveur du compost est l’aspect écologique. En effet, un compost est un excellent moyen de réduire les déchets produits à la maison. Il est possible d’ y placer bon nombre de déchets de cuisine, les tailles de plantes vertes, certains emballages compostables. En lançant le compost, nous avons réduit de facile 30% la taille de notre sac poubelle. C’est aussi l’endroit idéal pour déposer les “déchets” du jardin : résidus de tontes, petites branches d’arbres, feuilles, etc.

 

  • Le 2e avantage – auquel on ne pense souvent pas – est qu’il évite les (très ombreux) allers retours à la déchetterie pour les déchets verts.  En effet, quand vous amenez vos déchets verts à la déchetterie, ceux-ci terminent en compost géant pour ensuite former du terreau qui vous sera revendu en jardinerie. Quand on réalise son compost soi-même, on évite les nombreux aller-retour en déchetterie et toute la pollution qui va avec.

 

  • Le 3e avantage est que c’est extrêmement utile pour le jardin (le vôtre, celui de votre voisin, etc). En effet, le compost maison est un engrais très riche en nutriments et dont les plantes raffoleront. Si vous y avez mis des branches broyées, c’est un excellent complément à la terre “classique” pour l’aérer et la rendre plus agréable à vos plantes.  En fait, il fonctionne comme la décomposition des feuilles en forêt : les feuilles décomposées alimentent le sol, qui alimentent les arbres, qui produiront leur feuilles….   Sans compost, le sol peut aisément s’appauvrir, alors qu’avec on lui permet d’alimenter de nouvelles plantes 😉

 

  • Enfin, c’est économique : vous économisez des sacs poubelle, des aller-retour déchetterie, l’achat de sacs de terreau..  Et il se réalise gratuitement !

 

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Comment marche le compostage ?

Un petit peu de chimie est nécessaire pour comprendre comment on passe des déchets végétaux au terreau.

En fait, c’est ce compostage  un processus naturel en deux étapes

  • Phase 1 – “Dégradation”.  Dans le tas de végétaux,  des bactéries, champignons, vers de terre inhérents aux végétaux se mettent à consomment les sucres et acides aminés contenus dans les déchets. En les mangeant, il les transforment en d’autres composés, mais surtout en chaleur, façon fermentation. La chaleur produite peut être assez importante, jusqu’à 50-70°C. Elle active la décomposition, détruit tous les indésirables des déchets (larves d’insecte), ce qui induit encore plus de chaleur, etc.. Jusqu’à ce qu’il n’y ai plus rien à dévorer.
  • Phase 2- “Maturation” : Une fois tous les nutriments décomposés, les bactéries/champignons meurent,  la température diminue et les résiduels de dégradation se transforment lentement en humus.  Le compost est prêt (on dit “mûr”) lors qu’un est frais, humide et de couleur noire.. Comme le terreau.  🙂 Ci dessous un sceau de mon compost maison.

Une fois dans cet état, le compost est utilisable au jardin.

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Comment faire son compost ?

Entrons donc dans le vif du sujet : “comment fait-on ?” 🙂

Etape 1 : Délimiter l’espace “compost” / Construire son bac à compost

Pour bien marcher, un compost doit être en tas bien épais. On peut donc  peut réaliser un tas bien délimité dans le jardin, soit acheter ou construire un bac à compost.

Le compostage en tas à l’avantage d’être facile à faire. : un coin du jardin, un peu de motivation pour toujours tout ramener là-bas et hop! C’est fait. Ce compost en tas est un garde-manger très sympathique pour les oiseaux et autres petits animaux, qui s’y régaleront façon “open bar” (chez nous les rouges gorges ont beaucoup trainé autour du tas de compost). Par contre cela ne sera pas du tout esthétique dans votre jardin.

Pour le bac à compost : c’est une alternative esthétique et pratique, qui permet de bien délimiter “l’espace compost”.

  •  Le plus simple est d’en acheter un en jardinerie. Le plastique aura l’avantage de durer dans le temps, le bois d’être plus naturel et esthétique.  A voir selon vos besoins
  • On  peut également le construire soit même. Sur le site Rustica, on trouve un tutoriel pour le réaliser à base de palettes. A la maison nous avons opté pour en faire un “basique” avec 4 piquets, reliés par 4 planches de parquet à terrasse en bois. Mon mari a aménagé une trappe en bas pour récupérer le terreau prêt.

Astuces compost maison - Composteur de jardin "low cost" avec des dalles de terrasse

 

A noter que votre composteur doit absolument être sans fond (pour pouvoir faire remonter les vers et autres qui vont se régaler des déchets) et peut disposer d’un couvercle..

Quelle taille ?  On considère qu’un composteur de  1m3 est suffisant pour une surface de 500m².

Ou le placer ? Le compost pouvant attirer les animaux, ne le placez pas pile à côté de la maison.  Choisir de préférence un coin soleil ou mi ombre, le soleil activant le processus de compostage.

Retour d’expérience : Chez nous, nous en avons deux :

  • Un “bac en plastique spécial déchet de la maison” : facilement accessible placé à 15-20m de la maison, au soleil.
  • Un “fait maison spécial jardin”  : bien au fond du jardin, contre un mur.

 

Etape 2 : L’alimenter

Ca y est, vous avez votre bac.. Et vous souhaitez pouvoir le remplir avec les résiduels non désirables de votre maison ou jardin. Selon les sites spécialisés, on peut mettre dans

  1. Une grande partie des déchets végétaux de la maison :
  • Épluchures de fruits et légumes, fânes, trognons
  • Fruits et légumes “trop limites”
  • Coquilles d’œuf broyées grossièrement
  • Sachets de thé/tisane
  • Marc de café et les filtres
  • Fleurs fanées
  • Les “pâtes” non consommées (pain, biscuits), etc
  • Certains sacs en plastique végétal

Note : Ne jamais placer de viande ou poisson car 1) cela va sentir très fort 2) attirer un troupeau de mouches !

Retour d’expérience : De notre côté, on doit alimenter notre composteur “déchet maison” avec à peu près tout, cela. Un petit conseil, si vous placez des résidus de fruits légumes, essayez de les couper en morceaux (ex : trognons de chou-fleur ) sinon cela mettra du mal à se décomposer. On conseille également de ne pas mettre les agrumes.. Bon personnellement, j’en met quand même.

Un conseil aussi, n’y jetez pas directement des éléments très sucrés  :Pour l’anecdote, l’année dernière j’ai s dû jetter quelques vielles confitures/compotes maisons en bocal, et les ai vidé sur le compost. En 2 jours, l’endroit était colonisé par les guêpes !  Mon mari a du noyer le compost puis recouvrir de terreau pour éviter que les petits gourmands et nous soyons piqués.

 

  1. Les déchets du jardin :
  • Les feuilles mortes
  • Résidus de tontes
  • Les branches fines (petites branches de la taille d’automne, rosiers, framboisiers, etc)
  • Les résidus de nettoyage des plates-bandes (mauvaises herbes, idéalement non montées en graines)
  • Si vous voulez mettre des grandes branches, il est préférable de les broyer.

En toute théorie, il faudrait alimenter son compost avec un équilibre entre

  • 50 % de déchets “secs” (branches, feuilles mortes)
  • 50 % de déchets “humides et verts”  (végétaux, fruits et légumes, résidus de tonte)

Retour d’expérience :  Je dois avouer que nous n’y avons jamais vraiment trié les “déchets verts”. Tout y passe, des grosses branches aux touffes de mauvaises herbes, herbes en fleurs, et gros pieds de tomate au début de l’automne, etc. La seule chose “correcte” que je réalise est de répartir les feuilles mortes et les petites branches dans les deux composteurs (maison & jardin), histoire d’apporter de la manière sèche dans les deux.

 

Etape 3 : Alterner entre deux composteurs

Sur les sites spécialisés, on conseille d’utiliser 2  bacs à compost :

  • 1 compost “année en cours” : que l’on remplit
  •  1 compost “année dernière” : qui n’est plus alimenté et utilisé au jardin.

Cela permet de laisser le temps au compost “année en cours” de maturer correctement avant organisation.

Retour d’expérience : En pratique, on s’est organisés  avec :

  • 1 compost “court terme” proche de la maison pour mettre les déchets cuisine essentiellement des déchets verts. => prêt en 1 an (voir un peu moins).
  • 1 compost “long terme ” (au fond du jardin) avec tous les déchets verts du jardin, y compris les mauvaises herbes même si elles ont fleuri/grainé. On attends juste 2 ans avant de commencer à l’utiliser, histoire que les graines aient bien pourri.

 

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Quand/comment l’utiliser ?

Un compost est prêt (mur) quand il est bien noir, bien humide, et d’aspect grumeleux. Typiquement, en photo ci-dessous, celui que j’utilise en ce moment : c’est un mélange de terre bien noire, bien humide, de morceaux de coquilles d’œufs.

Pour l’utiliser c’est tout simple : quand vous nettoyez vos plates-bandes, remuez la terre, etc , déposez  une fine couche de compost, puis mélangez/raclez afin de commencer à l’enfouir. On peut aussi mettre un peu plus auprès des vivaces, des jeunes arbustes/arbres qui vont repartir au printemps, ou au pied des légumes gourmands (ex : courges, tomates fraisiers).

Comme pour le terreau, il est préférable de l’utiliser (surtout) au printemps et à l’automne.

Retour d’expérience : J’utilise le compost principalement

  • Pour enrichir la terre du potager, au printemps et en fin d’été : Au printemps, mes fraisiers ont notamment droit à une “tournée compost” tous les ans, et je trimballe quelques sceaux sur l’espace potager. Quand le potager passe en mode hiver, j’en remet un peu pour que la terre s’aère. Par contre, j’incorpore souvent le compost façon feignasse : je parsème au pied des plantes, puis laisse faire ^^
  • Quand je plante une nouvelle plante : 2-3 poignées mélangées avec la terre du jardin, histoire d’apporter un coup de fouet à la reprise.
  • Pour améliorer la terre de certaines plates bandes un peu dégargnies.

Pour l’anecdote : la photo d’accueil est la photo d’une plate-bande qu’on a aménagée/remplie l’année dernière avec un tas de compost (pas encore tout à fait mûr). Les bulbes plantés à l’automne s’y sentent très bien  😉

 

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Sources/ pour aller plus loin

 

Etant arrivée au bout  de mes “expérience compost,” je vous invite à consulter les pages suivantes si vous souhaitez plus de détail. Elles m’ont aidées à démarrer à l’époque, et aujourd’hui réviser/compléter mes connaissances :

 

Voilà,

En espérant que ce billet vous sera utile, je vous souhaite une bonne journée.. Et un bon début/continuité de recyclage des déchets végétaux 😉

7 Replies to “Astuces et retour d’expérience sur le compost “maison””

  1. jardinier du dimanche dit : Répondre

    articke tres utile pour moi . Merci de ce partage

  2. Un super article
    Bonne journée
    bises

  3. merci pour ce billet trés instructif, bisous

  4. Je suis contente d’avoir ton retour !! Il y a longtemps que je me pose la question d’acquérir un composteur … Mon jardin n’étant pas très grand je ne sais pas trop où je pourrais le placer sans que ce soit disgracieux, d’autant que je n’ai pas de potager, juste des fleurs à nourrir … En fait, je suis persuadée que c’est bien mieux d’avoir son propre compost et que cela réduit considérablement nos déchets ménagers, mais je n’ai pas la place :-/ Par contre, tu as fini de me convaincre, et si je déménage (on y pense sérieusement), je tente l’expérience, et je serai hyper exigeante sur le jardin de ma future maison (tu t’en doutes 😉 ).
    Bon week-end Florence, bises.

    1. Coucou,
      Très franchement, même sur une petite surface, cela vaut le coup d’en avoir un ne serais-ce que pour réduire la taille de la poubelle. Nous avons installé le premier sur un jardin de 200 m² et c’était déjà utile. On en trouve des “prêt à monter” de toute les tailles en jardinerie ou autres. J’ai croisé en particulier un joli modèle en bois à botanic qui pourrait t’aller (mais il reste un peu cher).
      Le potager est souvent le terrain favori du compost car il y a un turn over important des plantes, mais sincèrement toutes les plantes ou la pelouse l’apprécieront très bien. Tous les ans j’en mets dans les plates bandes fleuries.
      Et pour ton futur jardin : je n’en doute pas. 😉

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