Origine de la galette des rois et de la pâte feuilletée

Origine de la galette des rois et de la pâte feuilletée

galettes

Bonjour à tous,

Vous me connaissez, j’adore me poser des questions à la c##… Et avec la profusion des galettes, il me vient fréquemment une : « Mais en fait, elle nous vient d’où cette galette des rois ? ». Après quelques prégrinations sur Google, j’ai trouvé quelques réponses…

Voici le résultat de mes petites recherches 😉

La fête de l’Epiphanie

Le galette des Rois est par tradition le gâteau célébrant l’Epiphanie, une fête d’origine chrétienne. Depuis longtemps, je reliais cette fête aux trois Rois Mages qui venus à Bethléem pour s’agenouiller devant l’enfant Jésus et lui offrir trois présents ( l’or, l’encens, et la myrrhe). Cette galette, puisque « des rois » devait être réalisée en leur honneur…
Et bien non ! En fait, l’épiphanie et sa galette ne viens pas tout à fait de là…

 

Remontons (un peu) dans le temps pour atteindre l’Antiquité Romaine et les fêtes des Saturnales. Il s’agit de fêtes réalisées fin décembre/début janvier en l’honneur de Saturne, un Dieu particulièrement actif en cette période de l’année. Ce Dieu Saturne, après s’être exercé à la direction du Panthéon romain, fut déchu de sa condition divine par Jupiter et du s’exiler sur les terres d’Italie. Pendant son exil, il établit un « âge d’or » romain ou l’égalité complète fut établie (ni propriété, ni hiérarchie, rien). Fort contraste avec la société Romaine se divise en Citoyens romains (ayant le droit de vote et de pouvoir) affranchis (anciens esclaves ayant juste le droit de vote) et esclaves (aucun droits) (et ne parlons pas des femmes..)

L’objectif des fêtes des Saturnales est de célébrer cet âge d’or : pour cela les relations hiérarchiques sont inversées : les esclaves sont libres, parlent librement, se font servir par leurs maîtres .. et toute forme d’autorité est bannie : pas d’école, de tribunal, ni même de travail !

Pendant ces fêtes, on réalise dans chaque famille de grands banquets avec maîtres et esclaves réunis où l’on y sert un grand gâteau dit « Gâteau des Rois ». Ce gâteau contient une fève qui désignera le « roi du jour » (généralement un esclave)… a qui on exaucera tous les désirs jusqu’au lendemain. Pour assurer la distribution aléatoire de cette fève, la tradition veut que le toujours plus jeune et plus innocent de la maison (alors surnommé Phébé ) doit se cacher sous la table et de désigner successivement à qui sera servit chaque part. ( d’où l’expression tirer les rois).
Cette période de fête fut reprise par les premières communautés chrétiennes au Ive siècle et associée à l’après-naissance de Jésus. On la rapprocha particulièrement de la fête de l’Epiphanie (du grec Epiphaneia signifiant « manfestation » ) correspond à la fête de la « manifestation du Christ » c’est-à-dire « du personnage divin ». On fixa cette fête d’abord au 6 janvier, puis on la décala le 1er dimanche de janvier histoire que tout le monde puisse la célébrer.

C’est ainsi que de la fête romaine, l’Epiphanie devient une fête familiale, réunissant toutes les familles autour d’un gâteau. Cette tradition perdura en Europe, et même dans les cours Royales où l’on continua de tirer les Rois.

Pour l’anecdote, la galette des Rois de l’Elysée ne contient plus de fèves, car il y est interdit de désigner un Roi vu que nous sommes en République.

Pourquoi une galette ?

Les récits des traditions romaines ne mentionnent pas particulièrement de « galette » mais plutôt un simple pain de forme ronde. En fait il faut avancer autour du XIIIe ou XIVe siècle pour trouver les traces d’un « gâteau rond, doré, de la forme proche du soleil. ». Cette « galette » est partagée en autant de part que de convives plus une « part du Bon Dieu » réservée aux pauvres qui se présentent.

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La déclinaison de la galette en « brioche des rois » apparaît la première car la réalisation (et la forme) de la brioche sont plus proches du pain. Que ce soit dans le Nord ou surtout en Provence, on réalise un gâteau des rois recouvert de sucre et de fruits confits.
La galette feuilletée à la frangipane telle que nous la connaissons actuellement serait née beaucoup plus tard, à la cours d’Anne d’Autriche et de Louis XIV qui en partagèrent une en 1650. Crée à Paris, elle a longtemps eu le sobriquet de « galette parsienene ».

Pour l’anecdote la frangipane aurait été crée par un italien dénommé « Frangipani » qui aurait (selon les théories) soit voulu créer une crème ayant l’odeur du frangipanier, afin de masquer certaines mauvaises odeurs (date oscillant entre 1500 et 1600).

Pourquoi une fève ?

Comme conté plus haut, déjà à l’époque des Saturnales on disposait dans le gâteau une fève pour désigner le « roi du jour ». A l’origine, la fève était bien le haricot du même nom, mis entier dans la pâte. Ce petit haricot étant cultivé assez facilement à l’époque et assez reconnaissable. Cette tradition a perduré pendant tout le moyen âge.

Il faut attendre le XVIIIe siècle pour que le légume se transforme en fève de porcelaine, représentant les symboles du christianisme, puis d’autres symboles d’actualité (chapeau révolutionnaire, etc). Elle se généralisa au 2e empire.. et devint un objet de collection.

Je ne sais pas vous, mais cette histoire de fève me rappelle aussi le conte de Peau d’Ane de Perrault où Peau d’âne dispose sa bague dans son gâteau pour que son prince la retrouve..

Et alors la pâte feuilletée ?

 

La pâte feuilletée nous viendrait également de l’antiquité, cette fois chez les Grecs. Ceux-ci auraient eu l’habitude de préparer une pâte et de la travailler en y intercalant des couches de beurres afin d’avoir une pâte qui gonfle bien à la cuisson. Cette pâte à feuillet aurait fait au fil des ans le tour de l’Europe (Rome, Byzance..) [notamment dans un gâteau composé de couches de pâte et de crème au miel] avant de revenir par chez nous suite aux croisades et à la renaissance.

La première recette à base de pâte feuilletée aurait été publiée en 1603 dans le livre « in Ouverture de cuisine » du Maître Lancelot de Casteau et s’intitulait Pastéz d’Espaigne Fueiltéz. Depuis, elle est utilisée dans un nombre incalculables de recettes « tradi » : pithiviers,croustade, strudel, millefeuille, vols au vent,friands, sans parler des viennoiseries..
Notez bien qu’au tout début la pâte feuilletée est réalisée par empilage de couches successives pâte/beurre/pâte/beurre. La méthode « avec tourage » remonterait au XVIIe et à Claude Gelle, un apprenti pâtissier qui voulu réaliser un pain spécial pour son père.

 

Voilà, en espérant vous avoir un peu amusé,

 

En vous souhaitant une bonne dégustation de galette 😉

Sources  (et pour en savoir plus):
– http://www.linternaute.com/actualite/histoire/galette-des-rois-date-recettes-origines-tout-savoir-sur-l-epiphanie.shtml
– http://fr.wikipedia.org/wiki/Saturnales
– http://fr.wikipedia.org/wiki/Galette_des_Rois
– http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89piphanie
– http://www.boulangerie.net/histoire-legende-des-origines-des-patisseries-t47393.html
– http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A2te_feuillet%C3%A9e

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