Dernières lectures #18 :Fraîcheur et réflexions..

Dernières lectures #18 :Fraîcheur et réflexions..

lectures septembre 2017

 

Bonjour à tous,

Vendredi, bientôt le week-end.. l’occasion de nous retrouver autour de nos dernières lectures, estivales ou de rentrée. Alors, dites-moi, sur quel(s) bouquin(s) êtes-vous ? Avez-vous planifié  de lire des romans de la rentrée littéraire ?

 

Pour ma part, je vous parlerais des deux romans qui ont accompagné mon mois d’août :

 

 

N°1 : « Des vies en mieux », d’Anna Gavalda

 

Je connaissais l’auteur de nom, mais n’avais jamais eu l’occasion de parcourir ces livres. La couverture fraîche ce bouquin  m’a décidée.

 

Synopsis

Nous suivons (séparément) les chemins de vie de trois personnes, au moment où elles ont dû faire un choix

Il y a  Billie, 13 ans, enfant d’un milieu défavorisé qui a grandi dans la violence. A l’école, on lui demande de jouer avec un copain « on ne badine pas avec l’amour » d’Alfred de Musset. Lors des répétitions, elle découvre l’amitié, la solidarité, l’art.. Et cela changera sa vie

Il y a Mathilde, 24 ans. Sous couvert d’étude à la fac, elle survit d’un  petit boulot sur le net. Un jour, elle oublie son sac à main (remplit d’argent liquide) dans un café. Un inconnu le trouve et lui rends, sans retirer l’argent et fouiller dans sa vie privée. Étonnée, gênée, Mathilde ne sais comment considérer cet inconnu…

Et il y a Yann 26 ans, vie pépère d’un étudiant casé hébergé chez sa copine. Un soir, il donne un coup de main à ses voisins du dessus pour monter un meuble dans la cage d’escalier. Pour le remercier, ceux-ci l’invitent à diner et dans leur sphère familiale.  Dans l’échange, la discussion, les rires et la joie, Yann fini par se demander quelle vie il mène.. Et prendre un choix radical

 

Mon avis

Je ne connaissais pas l’écriture d’Anna Gavalda, donc ces trois nouvelles (précédemment publiées dans « Billie » et « La vie en mieux ».), furent la bonne occasion de découvrir l’auteur.

Côté forme, je dois avouer n’avoir que moyennement accroché au style, parfois trop « brut de fonderie » et trop parlé. Même si cela renforçait le réalisme, c’était parfois trop froid et décousu. A noter que le style/la forme change entre chaque personnage, donnant à chaque identité son récit.

 

Côté histoires, je vous parlerais indépendamment des trois :

L’histoire de Billie est poignante et touchante : gamine paumé, qui n’a que l’habitude de recevoir des coups, elle découvre autre chose : l’amitié, l’affection, la sécurité, des choses souvent si basiques. J’ai apprécié de la voir s’en sortir, à sa façon, et conserver l’amitié avec son copain d’école aussi loin.  Dans « Billie », le seul reproche que je ferais est sans doute le manque de clarté avec la successions souvenirs / dialogues avec l’étoile (!) aux transitions souvent brutales.

Pour Mathilde, c’est un peu l’histoire de notre côté foufou.. On se met à suivre un chemin de vie bizarre, et puis, sur un doute, on décide de tout plaquer, se donner à fond sur son idée. L’histoire est amusante, assez fraîche et proche des comédies romantiques.

Pour Yann, je pense que c’est celle qui m’a le plus parlé. Invité à dîner « par hasard » par ces voisins, il découvre la richesse de leur vie faite d’amours et d’audaces, puis entrevoir pauvreté de la sienne. Les petits détails qu’il supportaient deviennent un coup insupportables, la lassitude du quotidien trop lourde, puis d’un coup, il décide de tout plaquer (Avec beaucoup d’humour et de classe)  r. Pendant cette dernière nouvelle, j’ai souvent souri  et accueilli avec amusement sa  » lettre d’adieu »

 

En synthèse :

J’émet une appréciation très mitigée : j’aurais sans doute apprécié quelque chose de plus « littéraire », mais les histoires étaient intéressantes à découvrir. Si vous aimez l’écriture brute de fonderie et les histoires en demi-teinte, sans doute cela devrait-il vous séduire

 

 

N°2 : « L’évangile selon Pilate », d’Eric Emmanuel Schmitt

 

Note : avant de commencer, j’insiste sur le fait qu’il s’agit d’un ROMAN, qu’il n’est pas question de texte religieux et de prosélytisme. La tolérance et la discrétion sur ses croyances est de rigueur sur le blog 😉

 

 

J’ai découvert Eric Emmanuel Schmitt dans « La part de l’autre », le premier roman à m’avoir autant retourné le cœur et le cerveau. Il était naturel pour moi de me « jeter » sur les autres romans.

 

Synopsis :

Comment « Yechoua » a-t-il pu vivre le fait de devenir le Messie , soulevant des foules de disciples puis finissant crucifié ? Comment les gens de l’époque, et en particulier Ponce Pilate (préfet romain) ont-ils vécu la présence de « Yechoua » et le mythe naissant autour de sa résurrection ? Eric Emmanuel Schimt propose une réponse

En se plaçant successivement dans la peau de ces deux figures histoiriques, il écrit un possible point de vue : Est si Yechoua n’avait au départ pas cru à son rôle de Messie et avait « parié » dessus ? Et si Pilate , digne représentant de la rationalité, avait fait ton son possible pour prouver que l’ « affaire de la résurrection » était un canular ?

 

Mon avis :

L’histoire de Yechoua, on la connaît (quasi tous) dans ses grandes lignes.. Mais on ne s’est que rarement intéressé à la façon dont elle a été vécue de l’intérieur. C’est ici la ligne directrice et l’intérêt du roman

Ma première réaction à été de penser qu’il était très osé (voir orgueilleux) de la part de l’auteur de se mettre à la place des personnages historiques.. . Et puis, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas tenter d’exprimer un point de vue, en laissant le choix au lecteur d’y adhérer ou pas ? Allez, lisons librement

En deuxième réaction, j’ai vraiment apprécié (sans forcément adhérer) la réflexion d’Eric Emmanuel Schimtt : Il évoque d’un Yechoua qui aime juste aider les autres, croît en l’amour , puis découvre qu’il devra se sacrifier pour que le  message qu’il incarne porte.  D’un autre côté, il évoque Ponce Pilate, représentant de la rationalité dure, qui se bat pour démonter ce mystère de la résurrection et étouffer ce mouvement religieux. Il cherche, échoue puis fini par douter, et se rapprocher de la foi.

Effectivement, ais-je pensé après avoir refermé le bouquin, l’histoire aurait pu être vécue ainsi …

Mais en allant plus loin que le récit.. Je me suis mise à réagir sur la façon dont on (= l’humanité) réagi face aux vocations (qu’elle qu’elles soient) et à la foi :  On croît/on croit pas, on rejette/on accepte, on suit sa vocation /on se résigne.. Tant de possibilités, tant de façon de réagi, de vivre un évènement, et d’induire une religion.

Définitivement, c’est ce que j’adore chez Eric Emmanuel Schimtt : on sort de ses romans avec des milliers de questions qui nous bousculent, on réfléchit (beaucoup), et on avance..

Côté style, en deux mots,  c’est toujours extrêmement bien écrit. Si la partie avec Yechoua est pleine de douceur, celle de Pilate est souvent brute, grossière, froide.. Cette opposition met en relief clairement les deux récits.

Juste pour finir, en fin du roman, vous trouverez le récit de son écriture : c’est extrêmement intéressant de voir comment l’auteur construit son personnage, sa réflexion, et vit son écriture. J’ai adoré cette plongée dans le procédé de l’écriture, comme une proximité avec l’auteur.

 

En synthèse :

pour votre culture personnelle ou tout simplement pour être bousculé dans vos réflexions, je vous conseille grandement ce livre. On le vivra chacun à sa manière, mais au moins, on a de quoi réfléchir

Après, n’oubliez pas que ce n’est qu’un point de vue, on en fait ce qu’on en veut 🙂

 

 

 

Bon , aller, assez parlé de mes lectures.

Quelles sont les vôtres ?

 

Belle journée à tous !

 

 

 

Si besoin de plus d’infos :

https://www.babelio.com/livres/Gavalda-Des-vies-en-mieux/867333

https://www.babelio.com/livres/Schmitt-Lvangile-selon-Pilate-Journal-dun-roman-vole/6885

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3 commentaires

  1. J’ai lu L’Evangile selon Pilate l’an dernier sur le conseil d’une amie…
    Je l’ai trouvé très facile/rapide à lire, fluide, intelligent… et oui, ça pose pas mal de questions : sur le fait de croire sans voir, sur le choix laissé à l’homme libre, sur l’acceptation par Jésus de son sort (ou pas…), sur le rôle de Judas aussi….

  2. Je ne suis pas fan de Gavalda (trop eu littéraire pour moi ) mais je tenterai « l’évangile selon Pilate » , j’ai l’impression que cette version peut-être intéressante et même plausible…pourquoi pas ?
    En ce moment, je suis au tome 4 d’Harry Potter, toujours pour faire plaisir à ma fille qui se passionne pour cette saga; Et j’avoue que je me prends au jeu, ce monde imaginaire à l’énorme avantage de me faire oublier les difficiles journées de travail actuelles….

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