Apprécier les petites choses, cela s’apprend..

Apprécier les petites choses, cela s’apprend..

Bonjour à tous,

Depuis quelques temps je vois souvent passer sur la blogo des billets sur le thème des « astuces pour être heureux » et du mantra « il faut apprécier/profiter des petits bonheurs du quotidien« . Assénée comme une évidence, cette phrase parait facile a mettre en oeuvre : Il suffirait juste de changer sa façon de percevoir les choses..

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, ce « apprécier les petits riens » n’a pas vraiment été facile. J’aimerais réagir à ce sujet et vous dire par où je suis passée…

Quand j’étais petite, je rêvais grand. Je voulais voyager et partir découvrir le monde : Voir les pyramides, le Machu Pichu et les terres incas, l’Acropole d’Athènes et la cité intercité de Pékin. Je faisais des plans sur la comète au sujet de mes voyages . .. Et puis les premières paies sont venues et m’ont vite fait comprendre qu’il me faudra peut être 20 ans avant de partir. Ravises toi ma grande, tes vacances, cela sera en France, en « low cost » dans les zones peu touristiques.
Au départ résignée et déprimée « face aux autres qui voyagent loin dans de supers endroits« , j’ai peu à peu découvert des pépites dans mes vacances : ce fut les points de vue exceptionnels des châteaux perchés de l’Aude, la richesse historique de Sisteron, la grandeur des cascades du hérisson dans le Jura, la grotte de choranche… Avec le temps, j’ai compris et appris qu’il n’y avait nul besoin de partir à des milliers de kilomètres dans des destinations paradisiaques pour découvrir de belles choses. Juste à côté, je pouvais trouver de quoi m’émerveiller/émerveiller ma famille. Certes, mes vacances feront toujours moins rêver par rapport aux amis/collègues/etc qui content leurs vacances à l’autre bout du monde, mais pour moi, pour nous, elles ont une valeur émotionnelle que nul voyage ne pourra remplacer.

Quand j’étais ado, je m’imaginais être une aventurière. Je pensais partir des jours entiers en randonnée, faire des trails, de l’escalade, gravir les montagnes… Et puis il y a eu les études et le travail qui m’ont mise derrière un bureau de 8h du mat’ à 18h, la construction d’une famille qui ne partageait pas ces ambitions. Quand nous avons débarqués au pied du Vercors, mes premiers essais de randonnée m’ont déçue : mes proches n’aiment pas, je galérais comme une perdue, et seul le chien (tout jeune à l’époque) semblaient apprécier ! Qu’à cela ne tienne ! Je me suis quand même accrochée à mes envies, révisé mes ambitions à la baisse, et suis partie en « petite » balade avec le chien. Oui, je ne serais jamais la « grande aventurière » que j’espérais, mais je ne devais pas pour autant m’interdire d’être contente de partir me promener 2h, d’avoir aperçu des pervenches dans les forêts, trouvé un nouveau point de vue perché dans les basses collines, où juste d’être partie m’aérer avec le chien. J’ai fait avec ce qu’il m’était possible d’acquérir et l’ai apprécié.

Quand je me suis lancée dans la cuisine, bercée par les illusions des « Masterchefs », j’espérais atteindre un « grand niveau ». Mes objectifs ? sortir un plat excellent et bien présenté tous les jours, épater la famille avec des associations de goûts surprenantes, créer de grandes et belles pâtisseries. J’ai même pris des cours pour cela ( cours qui débloquèrent ma confiance en moi, mais c’est une autre histoire :p) .
Et puis dans la réalité… je me suis retrouvée à courir pour cuisiner et être obligée de présenter les plats « direct casserole » que plutôt que joliment dressés dans des assiettes. Quand je tentais des pâtisseries, le premier essai était toujours pitoyable (surtout la crème au beurre, jamais prise !) en maîtrise ou en visuel. Enfin, – pire des choses ! – à côté, le plat de lasagnes au chorizo, bien facile et bien « classique » régalait la famille bien plus que de l’alambiqué..
Après réflexion et longs échanges avec mon mari, j’ai « lâché prise » peu à peu sur mes ambitions et fini par accepter que le bon, simple et efficace était la meilleure chose à réaliser au quotidien pour contenter mes proches. Sortir un « grand plat » est devenu un défi amusant pour les repas de fêtes. Dorénavant je suis tout simplement contente quand mes petits gourmands mangent avec bonheur un bête clafoutis de poireaux réalisé à la va vite le soir et présenté direct dans le plat.

clafoutis poireaux lardons

Je vous raconte tout cela en quelques lignes, mais il m’a fallu plusieurs années pour arriver à ces conclusions. Entre temps, j’ai déprimé, me suis souvent dit que je ne valais rien face aux autres qui font de « grandes choses », était stupide d’apprécier les fleurs de mes jardinières, ou trop bête ne pas arriver à réaliser à réaliser un super gâteau pour mes petits gourmands.

Mais peu à peu, j’ai lâché du lest sur les auto-critiques pour finir par regarder en face ce qui me plaisait vraiment dans mon « quotidien accessible » et ce qui satisfait vraiment mes proches.

J’ai alors re-découvert toutes ces petites choses autour de moi qui me faisaient plaisir mais que je n’osais pas accepter : la petite balade dans les champs d’un quart d’heure le soir pour sortir le chien, les petits gourmands qui demandent le « gâteau super facile« , chopper une belle macro photo d’un brin d’herbe, même si personne ne trouve la photo jolie, ou encore quand mari qui trouve (après questions, faut pas rêver ^^) que « oui, ton XXX (remplacez par n’importe quelle nouvelle plante du jardin) est sympa« .

&nsbp;

Oh,je croyez pas que « tout va bien » maintenant, je suis loin d’avoir tout « résolu », il y a encore quelques points où je n’arrive pas à me contenter ce que j’ai. (Typiquement, je souhaiterais toujours être aussi bien fichue que les filles de la télé, mais dame nature en a visiblement décidé autrement :p) Mais bon, j’ai pas mal progressé. 🙂

Aujourd’hui, Je peux partager avec vous mes « petits bonheurs » sans honte, dans l’espoir qu’ils vont rappelleront quelque chose d’heureux dans votre quotidien.
Je peux vous dire qu’apprécier les « petits rien » c’est possible, mais cela s’apprend. Il faut du temps, pour apprendre à lâcher prise, être réaliste, acquérir de la confiance en soi, être capable de s’interdire de se dévaloriser car « les autres (f)ont mieux » .. bref.. trouver cette alchimie qui nous est propre pour nous autoriser à voir sous un bon angle ce qui est sous nos yeux..

Voilà, c’était mon petit bout de chemin..
Et vous, de votre côté, êtes vous arrivés à « apprécier ces petits riens ? » Comment avez vous fait ? Avez vous aussi eu du mal ou étais ce plus facile ?

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3 commentaires

  1. Pas toujours facile d’apprécier ce qu’on a tant l’herbe peut parfois sembler plus verte un peu plus loin… Je n’ai pas mis mes rêves de côté mais la vie m’a appris, parfois de façon violente, que l’on peut trouver un peu de bonheur dans chaque jour et qu’il convient de chérir ces petits bouts de bonheur au moins autant que les grands… Que le temps passe trop vite pour ne pas essayer d’en profiter et de l’apprécier au quotidien..
    Mais tout cela ne s’est pas fait en un jour 😉 Je cherchais moi aussi sans doute un peu trop la perfection, je voulais tout maîtriser… Alors quand j’ai compris que ce n’était pas possible, je me suis autorisée à essayer quitte à me planter ! Et j’ai essayé, et je me suis plantée parfois, mais j’ai persévéré… et je continue à essayer 😉

    Un truc qui m’a aidé, c’est d’écrire chaque jour les petites choses qui m’ont fait plaisir dans la journée… souvent des « pas grand chose » : une baguette de pain croustillante, une pâtisserie, une fleur au bord du chemin, un coin de ciel bleu, un fruit mûr à point, un café pris dehors… ces choses auxquelles on ne prête pas forcément attention, mais qui mises bout à bout font que la journée a été belle malgré tout !

  2. J’aime beaucoup ton texte, Florence et ta belle philosophie de vie. Oui…tu as raison, entre les rêves de jeunesse et leur réalisation, il y a souvent un abîme mais qu’importe…Comme toi, je rêvais d’aventures extrêmes , de voyages au Pôle Nord en solitaire, de traverser l’Oural seule à cheval (hem!) . Bref…maintenant je me réjouis de découvrir la France et apprécie mon petit coin de campagne. Moi aussi je promène seule mon chien en montagne le wee-end, mais quel bonheur de pouvoir partir à pieds par le sentier derrière la maison. Qu’importe si le mari bricole et ma fille préfère l’ordi à la maison. Ce qui me gâche le plus mon plaisir, c’est le manque de temps, toujours courir, le boulot alors qu’il fait beau etc…mais quelle joie lorsque j’ai quand même une heure entre midi et 2 pour faire une courte balade avec mon cheval (qui n’est qu’à 15mn de mon bureau). FInalement, c’était le rêve de ma vie ce cheval, je l’ai réalisé, il ne faut pas que je pleure parce que le temps manque. Les rares sorties sont délicieuses…Voila…ma petite contribution pour te dire que j’aime ce que tu dis. Merci pour ce superbe partage; Bises

  3. Après vécu 2 deuils coup sur coup récemment, je peux te dire que j’apprécie et que je les cherche ces petits riens ….
    La vie est courte et il faut profiter des petits bonheurs qui font du bien 🙂
    Bises

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